Non, la médecine n’est pas une science exacte !
Le système médical actuel et les médecins pourraient nous faire croire que la médecine est une science exacte et que tel virus ou telle bactérie occasionnera toujours les mêmes symptômes ou encore que telle ou telle molécule prescrite aura toujours les mêmes effets chez tout le monde ; or ce n’est pas du tout le cas… Hé non, la médecine n’est pas une science exacte, mais bien une science appliquée fondée sur des connaissances scientifiques.
Encore faut-il que ces connaissances scientifiques soient établies sur de bonnes prémices. En effet, certaines conclusions scientifiques résultent de mauvaises interprétations des résultats d’études ou d’expérimentations.
Quelles sont les sciences exactes ?
On ne peut parler de sciences exactes que s’il s’agit de sciences formelles telles que les mathématiques ou la logique. On parle également de sciences exactes et expérimentales, dans ce cas, il s’agit de la physique ou de la chimie par exemple.
Dans ces domaines, les études et les expérimentations sont menées dans des conditions identiques et les résultats sont reproductibles également à l’identique, car ces sciences exactes reposent sur des lois universelles. Sur la planète Terre, personne ne peut échapper aux lois universelles qui constituent les invariants fondamentaux de la nature et le socle des sciences exactes. Il s’agit de la loi de la gravitation universelle, de la conservation de la masse ou encore celle de la conservation de l’énergie par exemple. Elles s’appliquent partout, en tout lieu, en tout temps et à tous les individus.
Pourquoi la médecine n’est-elle pas une science exacte ?
Si les études scientifiques et expérimentales effectuées dans le domaine de la recherche médicale utilisent les méthodes rigoureuses des sciences dures, ce qui fait toute la différence, c’est que les objets étudiés (humains ou animaux) sont vivants !
Cela entraîne inéluctablement une variabilité des résultats obtenus.
C’est ainsi que, quel que soit le type de médecine (allopathique, fonctionnelle, alternative…) ou de thérapie (naturopathie, soins énergétiques…) pratiqué les résultats ne sont jamais garantis. Ils varient selon les individus, en fonction de leur génétique, de leur âge, de leur mode de vie, de l’environnement dans lequel ils vivent et des maladies ou des problèmes de santé (comorbidités) qu’ils présentent.
Les sciences dures établissent des statistiques et étudient les probabilités. Elles tentent de tout modéliser et de prédire les choses avec certitude.
Mais, dans le domaine du vivant, rien n’est vraiment prédictible à 100%, car il y a énormément de facteurs et de paramètres que l’on ne maîtrise pas et qui influencent fortement les résultats obtenus, et ce, quel que soit le type de soins. Ce sont les PFH (P… de facteurs humains), comme le rappelle très souvent le docteur Louis Fouché. Ces facteurs relèvent des sciences dites « molles » ou humaines et sociales comme le sont la psychologie ou la sociologie.
Le corps humain, une dynamique systémique complexe
Le corps humain est un système extrêmement complexe qui subit de nombreuses influences et interactions de tous ordres. À tout moment, le corps est soumis à des stimuli environnementaux bénéfiques ou toxiques et à des changements physiologiques ou fonctionnels qui dépendent des moments de la journée. Après un repas, beaucoup d’énergie vitale est mobilisée par la digestion. Si l’on effectue un travail intellectuel, ce sont les neurones qui s’activeront et si l’on pratique une activité physique, c’est le système musculo-squelettique qui sera mis en jeu. Ce ne sont que quelques exemples de situations parmi d’autres auxquelles le corps doit s’adapter en permanence.
Le médecin lui-même reste un humain et le corps évolue
Même s’il existe de grandes lignes symptomatiques connues, une même maladie peut se manifester de manière différente d’une personne à l’autre. Il y a également des symptômes qui peuvent être non spécifiques, variables ou parfois absents. Certains examens complémentaires eux-mêmes ont leurs limites. On sait par exemple que certains examens peuvent donner lieu à des faux positifs ou à des faux négatifs. Les normes des laboratoires varient aussi et parfois d’un pays à l’autre. On le sait pour établir le diagnostic de la maladie de Lyme par exemple, certains critères et paramètres diffèrent entre la France et la Belgique. Cela introduit la notion d’incertitude dans la pose du diagnostic.
Pour le patient, cela peut mener à une errance médicale parfois pénible, car un médecin diagnostiquera une maladie de Lyme, un autre une fibromyalgie et un troisième un burnout, car ces différents problèmes de santé présentent de très nombreux symptômes communs.
Non, les effets des traitements naturels ou chimiques ne sont pas garantis
De même, un même traitement qu’il soit naturel ou chimique peut avoir des effets différents selon les individus. Les effets d’un traitement ne sont donc jamais garantis et cela inclut le fait qu’il peut se manifester des effets secondaires, des réactions allergiques ou d’intolérance, et cela même avec des produits sains et naturels. Et malheureusement, personne ne peut prévoir cela !
Je peux vous citer un exemple observé dans ma pratique personnelle. La valériane est traditionnellement connue pour ses vertus apaisantes et pour ses bienfaits anxiolytiques. Je la conseille régulièrement pour calmer des personnes stressées ou anxieuses. Et parmi les centaines de personnes à qui je l’ai recommandée, quelques-unes ont réagi de manière totalement opposée. Elles étaient excitées, certaines ont même éprouvé des angoisses et d’autres ont eu des palpitations. Autant de symptômes qui sont en totale opposition avec les vertus décrites de cette plante. Je n’ai pourtant pas commis d’erreur et personne n’y est donc pour rien. Ce sont là les mystères de l’être humain dans toute sa complexité et dans toute sa diversité.
On en vient toujours au même constat, le stress, l’alimentation, la sédentarité, le terrain personnel, les comorbidités, tout cela influence l’efficacité des traitements et des soins, ainsi que l’évolution du problème de santé.
Autres facteurs humains incontrôlables
Il y a une multitude d’autres facteurs humains incontrôlables que l’on néglige trop souvent.
C’est la confiance que la personne a envers son thérapeute. Ce sont les injonctions émises par ce dernier. Quelles sont les paroles (rassurantes ou apeurantes) qu’il va utiliser ? Quel est le degré d’empathie du soignant ? C’est parfois une certaine renommée d’un thérapeute qui influencera la personne qui le consulte. Interviennent aussi de manière inconsciente les attentes du patient. Finalement, il y a l’état d’esprit du patient qui peut se voir comme une victime et qui attend tout de son thérapeute. Alors que d’autres personnes se responsabilisent et s’investissent dans la démarche, car elles savent qu’elles doivent être proactives et participer au rétablissement de leur santé.
On en vient ainsi à parler ici de l’effet placebo ou de l’effet nocebo. On estime l’impact de l’effet placebo sur l’efficacité d’un traitement ou d’une thérapie à une proportion d’au moins 50 % et parfois plus.
Même s’il n’est pas encore totalement explicable et qu’il ne peut pas être quantifié, non, l’effet placebo n’est pas imaginaire. Et quand bien même il le serait, quand on connaît sa puissance d’action, on ne peut le négliger, car l’important n’est-il pas que la personne aille mieux et cela quel que soit le moyen d’utiliser du moment qu’il n’y a pas de nocivité de toxicité.
En conclusion : le véritable centre d’intérêt des soins de santé devrait rester l’être humain et son bien-être
On constate que la médecine est inévitablement confrontée à la variabilité et à la complexité du vivant. Et contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, elle demeure intrinsèquement une science inexacte, une science appliquée fondée sur des données scientifiques.
Tout bon médecin ou thérapeute devrait donc toujours garder à l’esprit qu’avant d’être un patient, la personne qui consulte est un être humain unique et qu’il doit être pris dans sa globalité avec toutes ses singularités et ses caractéristiques personnelles, et cela, sans jugement et avec bienveillance.
Dr. Thierry Schmitz

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