Rouge amour ou rouge baiser, une Saint-Valentin colorée au naturel

Depuis toujours l’amour et le glamour sont associés à la couleur rouge. La fête de la Saint-Valentin n’échappe pas à cette convention. Le rouge vif est associé à toutes les décorations de cette fête des amoureux. Agencements de vitrines, mise en place des restaurants, vêtements, emballages cadeaux, tout y passe ! Ces décorations s’immiscent jusque dans nos assiettes. A priori, nous pourrions croire que pour obtenir ces belles couleurs rouges, il faut absolument recourir aux colorants chimiques, colorants qui ne sont pas sans danger. Changeons cette fausse croyance et voyons quelles alternatives s’offrent à nous afin de rester naturellement dans le ton !

Colorants rouges en gel ou en poudre : de quoi devenir rouge de colère !

En quelques semaines, nous passons du rouge père Noël au rouge amour pour la Saint-Valentin, mais ne nous y trompons pas, les colorants rouges utilisés dans les aliments pour vous alléchés sont identiques !

Et lorsque l’on détaille les composants de ces gels ou de ces poudres colorantes utilisés dans le secteur alimentaire, il y a vraiment de quoi devenir rouge de colère !

Si vous aimez vous adonner à la cuisine et la pâtisserie, pour une modique somme aux alentours de 3 €, vous pouvez faire rougir vos confiseries, vos bonbons, vos pastillages, vos pâtes d’amande, vos crèmes diverses, vos macarons ou encore vos pâtes à sucre que vous coulerez ou glacerez pour égayer votre fête des amoureux.

Les colorants font partie de ce que l’on appelle les additifs alimentaires. Ils sont donc symbolisés sur les étiquettes par des chiffres précédés de la fameuse lettre « E ». Ce « E » qui n’est pas l’initiale du mot Europe comme on le croit souvent, mais bien celle de l’adjectif « Évalué ». Et oui, tous ces additifs ont été évalués et autorisés par les autorités européennes officielles qui les ont estimés comme étant sans danger.

Mais au fait, de quoi sont constitués ces pigments et colorants aux couleurs rouge baiser ?

Lorsqu’on lit attentivement les étiquettes de ces denrées colorées, on y trouve des inscriptions comme E122 – E124 – E127 et E129. Il s’agit des sigles des colorants rouges chimiques qui doivent obligatoirement être repris sur les étiquettes des produits diffusés sur le territoire européen.

Voici les noms de ces colorants chimiques les plus couramment utilisés dans le domaine alimentaire, ainsi que les chiffres qui leur correspondent :

  • L’azorubine ou carmoisine – E122
  • Le rouge ponceau 4R – E124
  • L’érythrosine – E127 qui est un rouge vif dont l’usage est très restreint
  • Le rouge allura AC – E129

Les colorants rouges chimiques sont dérivés de la pétrochimie. Ils présentent de nombreux avantages pour les industriels, puisque standardisés, ils donnent aux aliments des couleurs vives, intenses et stables à la chaleur ou à la lumière. De plus, leur coût est très faible et leur durée de conservation très longue.

Mais ce que l’on ne vous dit pas, c’est que la plupart de ces colorants proviennent de produits tels que le benzène, le toluène ou le naphtalène. Ils sont donc dérivés de produits pétroliers.

Bien sûr, pour protéger le consommateur, leur usage est soumis à une réglementation européenne stricte qui impose certaines conditions d’utilisation et des limites quantitatives bien définies. Cependant, les limites maximales d’usage sont établies pour des adultes de taille moyenne sans tenir compte des sensibilités individuelles. Les normes imposées aux industriels sont identiques que l’on soit adultes ou enfants, et personne ne contrôlera la quantité d’aliments consommée au quotidien. Sachant que les enfants sont plus sensibles aux produits chimiques que les adultes, même si la chimie n’est jamais bonne à ingérer pour personne.

Heureusement, les enfants ne fêtent pas la Saint-Valentin… mais ils ne sont pas pour autant à l’abri puisqu’à la période d’Halloween et de Noël par exemple les pâtisseries et confiseries colorées en rouge ne manquent pas.

Mais soyez rassurés, les organismes officiels de santé veillent sur nos bambins puisque l’utilisation de 6 colorants chimiques dont 3 colorants rouges (E122, E124, E129) et 3 colorants jaunes (E102 – tartrazine ; E104 – jaunes de quinoléine ; E110 – Jaune orangé S) doit être accompagnée de la mention suivante « Peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants ». Il semblerait que les effets négatifs ne soient observés que dans certains cas chez certains enfants hypersensibles. Mais quand on voit le nombre croissant d’enfants hyperactifs, ne serait-il pas bon d’interdire carrément leur usage ? Ou encore, les autorités sanitaires ne devraient-elles pas sensibiliser les éducateurs et les parents à ce sujet ?

Dans le secteur de la santé naturelle, l’usage de ces colorants rouges chimiques est assez controversé. On sait qu’ils sont particulièrement impliqués dans les troubles de l’attention chez l’enfant et dans les problèmes d’hyperactivité, mais surtout ils sont reconnus comme étant très allergisants et cancérigènes.

Existe-t-il des colorants rouges naturels ?

Oui bien sûr, il en existe, mais ceux-ci procurent des teintes rouge nettement moins vives et beaucoup moins stables que les colorants chimiques précédemment cités. Voici leur nom et leurs symboles :

  • Le rouge carmin extrait de la cochenille, donc d’origine animale – E120
  • L’extrait des graines de roucouyer (Bixa orellana) – E160b. Ce dernier donne des teintes rouge-orangé plutôt que rouge vif.
  • Le lycopène extrait naturel de tomate – E160d
  • Extrait de paprika – E160c
  • La bétanine extraite de betterave rouge – E162
  • Les anthocyanes – E163, sont extraits de fruits rouges, de raisin et de chou rouge par exemple.

Un rouge maison fait avec amour

Alors, pour fêter la Saint-Valentin en toute sécurité et pour chouchouter au mieux votre « Prince ou votre Princesse charmante » offrez-lui des mets et desserts colorés au naturel. Toutes les nuances de la gamme de rouge peuvent être obtenues grâce aux pigments naturels des fruits rouges. Tout est réalisable ! On peut passer du rouge vif éclatant que procurent les fraises, les cerises ou les airelles au rouge foncé, élaboré à partir de betterave rouge ou en ajoutant aux fruits précédents un peu de myrtille. Vous obtiendrez un magnifique rouge rosé, voire même un beau rose fuchsia en utilisant la framboise, la grenade ou du pamplemousse rouge. Certains de ces fruits ajouteront une subtile saveur qui complétera idéalement de nombreux plats, desserts ou pâtisseries.

Rien de plus simple que de réaliser vos propres liquides colorants. Faites mijoter les fruits ou les légumes découpés en tous petits morceaux dans une eau frémissante durant 30 à 45 minutes. Laisser le tout refroidir et remiser la préparation au réfrigérateur durant quelques heures (10 – 12 h). Ensuite, filtrez le mélange pour récolter le liquide coloré. Ajoutez-y 1 ou 2 cuillères à café ou à soupe (selon la quantité de liquide obtenu) de vinaigre pour stabiliser quelque peu la couleur. Ce colorant maison et naturel remisé au réfrigérateur dans un contenant en verre peut y être conservé durant quelques semaines. Si vous possédez un extracteur de jus, vous pouvez aussi extraire directement le jus de betterave rouge ou celui des grenades. Ajoutez-y malgré tout du vinaigre afin d’augmenter la durée de conservation.

Il vous suffira d’ajouter quelques gouttes de ce mélange à vos préparations culinaires et le tour est joué ! Les nuances de couleur données aux aliments préparés varieront en fonction de la quantité de liquide coloré ajoutée. Si votre préparation semble trop liquide pour l’usage que vous souhaitez en faire, réalisez plutôt un coulis en mixant finement fraises, framboises, cerises, cassis ou myrtille.

Si vous explorez la toile, vous trouverez de nombreux sites Internet entièrement consacrés à la cuisine naturelle, crue et biologique. Vous constaterez qu’il est tout à fait possible d’élaborer aisément plats et desserts aux couleurs chatoyantes et festives en utilisant que des ingrédients naturels et en se passant totalement de colorants chimiques.

Dr. Thierry Schmitz

Sources

Si vous avez une question sur cet article, vous pouvez la poser ci-dessous.

En raison du nombre important d’inscrits, le Dr Schmitz ne pourra pas vous répondre personnellement. En revanche, il prendra connaissance de votre question et répondra aux questions les plus fréquemment posées et mettant les réponses au dessous l'article.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *