L’ail des ours

Début mars, à l’approche du printemps, la nature reprend vigueur. Déjà, les premiers bourgeons apparaissent, ce qui nous informe que nous pouvons commencer la récolte de notre sève de bouleau. C’est également le moment où les premières fleurs, crocus, primevères, éclosent en petits bouquets le long des talus et dans les jardins.

D’autres feuilles tendres et vertes sortent de terre, ce sont celles de l’ail des ours. Comme de très nombreuses plantes sauvages, l’Allium ursinum est doté de propriétés « médicinales ».

Alors, voyons en quoi cette plante sauvage peut elle nous aider pour notre santé.

Généralités

L’ail des ours est une plante odorante à bulbe de la famille des alliacées. L’ail cultivé (Allium sativum), l’oignon (Alliu cepa), le poireau (Allium porrum), l’échalote (Allium ascalonicum) ou encore la ciboulette (Allium schoenoprasum) appartiennent à cette même famille botanique. Ces plantes ont une odeur soufrée très marquée et caractéristique qui déplaît souvent aux estomacs sensibles.

L’ail des ours pousse dans les sous-bois et sur les talus humides entre ombre et soleil. Il sort de terre entre la fin février et le début du mois de mars. Selon la région et les conditions climatiques, les feuilles se récoltent généralement de la mi-mars à la mi-avril, parfois un peu plus tôt, si le printemps est plus chaud. On peut également récolter les boutons floraux, dans le courant du mois d’avril, et enfin les fleurs fin avril et début mai.

Quelle partie de la plante utiliser ?

Excepté le bulbe qui n’est pas consommable, les feuilles, les boutons et les fleurs au goût plus délicat, toutes les parties de cette plante sont comestibles.

Précision essentielle pour les débutants : ne pas confondre les feuilles de l’ail des ours avec celles du muguet, du colchique ou de l’arum, qui sont toxiques. Chiffonner une feuille d’ail des ours suffira à vos narines pour confirmer qu’il s’agit de la bonne plante. Ces feuilles sont également beaucoup plus légères et plus fines que celle des autres plantes précitées.

Quels principes actifs contient l’ail des ours ?

L’ail des ours possède des vertus proches de celles de l’ail cultivé, mais son action est généralement plus douce.

Ses principes actifs sont :

Des composés soufrés (principaux actifs) : Alliine, allicine et disulfures de diallyle se révèlent lorsque les feuilles de la plante sont coupées ou écrasées.

Ce sont eux qui lui procurent son odeur caractéristique ainsi que la plupart de ses effets physiologiques : antimicrobiens, antifongiques, cardio-vasculaires et antioxydants.

Des flavonoïdes : dont la quercétine aux propriétés antioxydantes, légèrement anti-inflammatoires et antihistaminiques.

Des composés phénoliques : ils contribuent à l’activité antioxydante globale qui permet de combattre les radicaux libres générés par les pollutions diverses de notre monde et qui protègent en partie les cellules contre le vieillissement.

Des saponines : qui contribuent aux effets hypolipidémiants (légère réduction des excès de cholestérol).

Des vitamines et des minéraux : Vitamine A, B6, B9 et C – Calcium – Fer – Magnésium – Potassium – Soufre organique.

Les vertus de l’ail des ours

Ces principaux effets santé sont donc les suivants :

Action sur le système cardio-vasculaire

  • Légère réduction de la tension artérielle
  • Léger effet hypocholestérolémiant
  • Légère action sur la fluidité sanguine.

Si vous prenez des médicaments pour la tension artérielle, pour le cholestérol ou pour la fluidité sanguine, vous pouvez consommer l’ail des ours sans aucun problème.

Action sur la sphère digestive

  • Stimule la sécrétion biliaire et les sucs digestifs.
  • Favorise une meilleure digestion et réduit les ballonnements.
  • Effet antispasmodique léger au niveau

Attention, certaines personnes à l’estomac plus sensible peuvent ressentir certains inconvénients (légères brûlures, relents ou renvois) comme cela peut être le cas avec l’ail cultivé, les oignons ou les poireaux.

Action antimicrobienne

  • Son activité antibactérienne, antifongique et antivirale liée à ses composés soufrés (allicine) permet le soutien des défenses naturelles. L’ail des ours sera donc utile en cas de rhume, grippe, mycoses, candidoses…

Action détoxifiante

  • On sait que les composés soufrés soutiennent la fonction hépatique. L’ail des ours n’échappe pas à cette règle.
  • Il peut donc être utile pour aider votre corps à éliminer certains toxiques, dont, semble-t-il, les métaux lourds.

Attention, si vous en consommez de grandes quantités alors que vous n’en avez pas l’habitude, cela peut activer vos intestins et avoir des effets purgatifs parfois assez marqués !

Propriétés diurétiques

  • En augmentant la production d’urine, l’ail des ours contribue à éliminer les toxines et les déchets du corps.
  • Il peut donc s’avérer bénéfique pour la santé des reins et du système urinaire.

Propriétés antioxydantes

  • Ses flavonoïdes, ses composés phénoliques et sa vitamine C assurent une protection cellulaire contre les agressions des pollutions, contre les radicaux libres et contre le vieillissement.

Effet tonique général

  • Il est aussi traditionnellement utilisé contre la fatigue printanière et en cas d’états de faiblesse.

Comment utiliser l’ail des ours ?

Pour bénéficier de ses propriétés et préserver ses composés actifs, il est recommandé de consommer les feuilles fraîches sous forme de pesto, dans les salades, hachées pour accompagner certains plats cuisinés ou en tisane. La concentration des composés soufrés est nettement plus élevée dans les feuilles fraîches.

Une fois séchées, les feuilles perdent une grande partie de leurs bienfaits, dont la teneur en allicine qui se réduit fortement, car ce composé est très instable.

On peut trouver des compléments alimentaires d’ail des ours sous forme de gélules. Si la poudre séchée contenue dans ces gélules a perdu une partie des principes actifs de la plante, la concentration des actifs par gélule est généralement très élevée. C’est sans doute une bonne façon de bénéficier des bienfaits de l’ail des ours pour les personnes plus sensibles de l’estomac.

On trouve également un extrait sec de feuilles d’ail des ours sous forme de poudre qui sera utilisée comme un aromate en cuisine. Cette présentation sera utile pour donner du goût à vos préparations culinaires plutôt que pour procurer de véritables actions santé.

Alors rien de tel qu’une petite balade en forêt pour s’oxygéner, pour bouger, pour profiter du soleil printanier et pour récolter vos feuilles fraîches d’ail des ours.

Dr. Thierry Schmitz

Sources

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