Crèmes solaires : le scandale de trop ?

Chère lectrice, cher lecteur,

J’espère que vous êtes déjà en vacances, et que vous profitez du soleil pour fabriquer autant de vitamine D que possible !

Car la vitamine D est un des meilleurs remèdes contre toutes les conditions grippales, et notamment celle dont on nous rebat les oreilles du matin au soir.

Eh oui ! Bronzer, c’est une nécessité vitale !

Hélas, je vous recommande de vous passer de crème solaire, car d’après une étude publiée en mars dernier, celles-ci sont beaucoup plus dangereuses qu’elles n’en ont l’air…

Car les crèmes solaires se sont révélées clairement cancérigènes, et risquent de porter atteinte au développement sexuel de votre enfant.

On ne consomme pas le soleil comme du coca

Notre société n’arrive pas à se passer de la crème solaire, qui ne donne aucun bienfait (il empêche votre corps de produire de la vitamine D), et dont la composition n’est jamais vraiment saine.

Bien sûr, je sais pourquoi tout le monde l’utiliser, et je ne blâme absolument pas les personnes qui y ont recours.

Lorsqu’on a peu de vacances dans l’année, et qu’on emmène les enfants à la mer, le mieux est de les laisser jouer pendant qu’on se repose.

C’est à peu près à ça que sert la crème solaire : à laisser jouer les enfants, et si possible, à bronzer doucement aux heures les plus chaudes de la journée avec ses amis.

Hélas, ce loisir, pour être agréable et consensuel, n’est malheureusement pas très sain.

Mais je sais aussi que lorsqu’on part en vacances entre amis, il faut s’aligner sur le consensus, et donc s’enduire de crème solaire, aller se baigner, et se réenduire autant de fois que possible.

Pourtant, c’est méconnaître la dangerosité réelle de ce produit si pratique.

Cancérigène et encore plus dangereuse pour les enfants

Parce que rien n’est moins naturel que cet « écran ». Cette année même, une étude du CNRS et de la Sorbonne a prouvé que les crèmes solaires vieillissent très mal.

Un de leur composés, appelé octocrylène, se dégrade avec le temps en une substance appelée la benzophénone.

Or l’octocrylène est déjà très mauvais pour les coraux et interdit dans les archipels coralliens tels que les îles Vierges et les îles Marshall.

Mais le composé dégradé de l’octocrylène, la benzophénone, est un perturbateur endocrinien (qui dérègle le système hormonal) et un cancérigène de premier ordre[1].

Cela veut dire que les crèmes solaires consistaient jusqu’en mai dernier à enduire le dos de votre enfant avec un produit qui pourrait dérègler son système hormonal.

« Cela peut provoquer des cancers, notamment des cancers du foie.

C’est une molécule qui affecte les fonctions thyroïdiennes et qui perturbe le développement des organes reproducteurs. »

Dixit Robert Stien, l’un des auteurs de l’étude au micro de France Info[2].

Cela veut dire que jusqu’en mai dernier, lorsque vous mettiez de la crème solaire sur le dos de mamie, vous risquiez d’augmenter ses risques de cancer…

Le parlement européen a donc envisagé d’interdire l’octocrylène dans les crèmes solaires, mais ce n’est pas encore fait[3].

Vous pourriez m’objecter que cette dégradation ne s’opère que sur les « vieilles » crèmes solaires, puisque les auteurs des études ont fait vieillir prématurément toutes les crèmes les plus « sérieuses » du marché :

« Garnier, Uriage, Bioderma, La Roche Posay, Cosmi ou encore L’Oréal », toujours d’après l’article de France Info.

Mais quand pouvons-nous dire qu’une crème solaire est vieille ?

Votre crème solaire est-elle déjà frelatée ?

Seul le site de la marque Nivea mentionne la durabilité des crèmes solaires, mais là aussi, avec beaucoup d’ambiguïté.

Les crèmes, une fois ouvertes, ont une durée de vie de 1 an. Puis-je appliquer celle achetée l’année dernière alors ? A vous de voir, nous dit le site[4].

Certains liront qu’elles deviennent douteuses d’un été sur l’autre – et qu’il faut donc en racheter, bien sûr.

D’autres qu’elles peuvent être quand même appliquées. L’essentiel, finalement est que le produit ne sente pas mauvais et ne devienne pas trop liquide. On s’en serait douté…

En somme, le site ne nous apprend rien, hormis le fait qu’une crème solaire peut se garder 3 ans si elle n’est pas ouverte et gardée au frais et au sec.

Alors, combien de temps a-t-elle été stockée avant que vous ne l’appliquiez sur vous et sur votre famille ?

Cela ne fait-il pas longtemps que l’octocrylène s’est mué en benzophénone ?

Or il n’y a aucune raison de faire confiance aux marchands de crème solaire, parce qu’il y a déjà eu des alertes par le passé.

Il y a 10 ans, la nanotechnologie était déjà à l’œuvre 

Dès 2011, 60 Millions de consommateurs s’était rendu compte que les crèmes solaires contenaient des nanoparticules (de l’ordre d’un millième de millimètre), de titane en particulier[5].

La commission européenne s’était donc fendue, l’année suivante, d’un communiqué sur les risques des nanoparticules de dioxyde de titane assez étonnant[6].

On y apprend que ce produit « cosmétique » qui sert à protéger la peau des UV « n’est pas dangereux s’il ne pénètre pas la peau ». Or le principe même de l’application d’une crème, c’est qu’elle pénètre la peau !

Cela dit beaucoup de l’honnêteté de cette noble institution.

Dans le paragraphe suivant, ces procédés « sans danger » ne le sont pas :

« Respirer des nanoparticules peut donner lieu à une toxicité́ et une inflammation des poumons. Selon certains tests, cela pourrait également être à l’origine de cancers. »

« Selon certaines données scientifiques, les nanomatériaux de dioxyde de titane, s’ils pénètrent le corps, peuvent nuire au matériel génétique (par exemple des dommages aux cellules de certains organes peuvent causer des cancers et des dommages aux spermatozoïdes peuvent entraîner une stérilité́). »

Je vous recommande donc d’éviter de vous appliquer de la crème solaire sur vos parties intimes…

Enfin, un peu plus loin, on apprend que les molécules, si elles ne sont pas suffisamment enrobées, peuvent avoir l’effet inverse : faire vieillir la peau et l’exposer au cancer.

Comment savoir si elles sont bien enrobées ? En faisant confiance au fabricant, pardi ! Il a un passif tellement honnête !

Les industriels savaient, mais ils se sont tus

L’utilisation de nanoparticules doit être mentionnée sur les crèmes, mais curieusement, j’ai eu beau éplucher les compositions de crème solaire, jamais je n’ai retrouvé cette mention.

On ne la retrouve pas plus maintenant qu’avant 2011.  

Ce qui doit nous mettre la puce à l’oreille, c’est que les fabricants de crème solaire auraient dû se douter des méfaits des nanoparticules de titane, et ils n’en ont pas informé leurs clients.

Pire encore, ils connaissaient les effets de la dégradation de l’octocrylène, comme nous apprend le site Les Echos, pourtant pro-industrie à tout crin[7].

Mais ces fabricants gagnent de l’argent sur le mythe de la famille épanouie qui passe ses vacances au bord de la mer, à profiter des bienfaits du soleil sans subir ses méfaits…

Et les crèmes « bio » ?

Mais comment une crème peut-elle obtenir la mention « bio » alors qu’elle contient tout de même des produits chimiques et synthétiques ? Qu’est-ce que ça dit sur ce qu’est devenu le bio ?

De même, certains blogueurs recommandent de prendre des crèmes qui laissent des traces blanches, ce qui prouverait qu’elles ne contiennent pas du dioxyde de titane qui n’aurait pas été mentionné sur la composition…  

Et qu’est-ce qui vous prouve qu’ils ne rajoutent pas une pâte à cette crème pour lui redonner un aspect plus conforme aux attentes des clients soupçonneux ?

Il ne s’agit pas d’être « paranoïaque » mais bien attentif aux pratiques industrielles qui cherchent moins à fournir des produits fiables qu’à détromper la vigilance des clients, et à contourner les règlements qui augmentent leurs coûts.

La règle absolue du bronzage

Si nous aimons tant bronzer, c’est parce que nous fabriquons de la vitamine D en nous exposant au soleil, et que cette vitamine D améliore notre santé en général (et notre immunité en particulier…)

Sans vitamine D, nous nous flétrissons (les risques de mortalité augmentent d’un quart en cas de carence !)[8], et avec la vitamine D, nous nous épanouissons.

Or la crème solaire empêche votre peau d’avoir accès au soleil et de fabriquer de la vitamine D. Alors qu’il suffit de prendre le soleil comme il faut…

La règle n°1 du bronzage, c’est d’y aller progressivement.

Au lieu de commencer par vous installer sur la plage à 13h et à brûler tout vif, privilégiez le matin ou la fin d’après-midi, jusqu’à ce que vous ayez un teint suffisamment hâlé.

Cela veut dire que la peau aura fabriqué sa propre protection, et que vous pourrez commencer à être plus résistant au soleil. 

Toutefois, je ne vous recommande pas de vous exposer au soleil aux heures les plus chaudes (entre 13 à 16h), du moins plus d’une demi-heure à la fois.

Même si les vacances représentent un temps de repos, je vous recommande de privilégier les excursions, qui en plus d’être saines, sont enrichissantes, pourvu qu’on s’intéresse un peu à la nature ou à la culture.

Et elles vous donneront bon teint sans coup férir !

Enfin, vous pouvez aussi adopter un mode de vie plus méditerranéen, en vous levant tôt et en faisant la sieste l’après-midi quand il fait trop chaud et que le soleil est mauvais !

Si vous voulez avoir le teint frais, et bien prendre le soleil, cela dépend aussi de votre alimentation, et spécialement, en bêta-carotène.

Les aliments colorés, surtout en jaune, en rose ou en orange, sont donc à privilégier !

Patates douces, carottes, chou frisé, melon, mangue, pêche, épinards, abricots, sont de saison, mais surtout, ils vous donneront l’éclat qui va avec la bonne santé qu’ils vous apporteront !

Au plaisir de vous retrouver tout bronzés !

Dr. Thierry Schmitz


Sources

[1] https://www.quechoisir.org/actualite-cremes-solaires-l-octocrylene-sur-la-sellette-n88938/

[2] https://www.francetvinfo.fr/economie/info-franceinfo-en-vieillissant-certaines-cremes-de-jour-et-cremes-solaires-developpent-un-compose-cancerigene-alertent-des-chercheurs_4323829.amp?__twitter_impression=true&s=09

[3] https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/P-9-2021-001326_FR.html

[4] https://www.nivea.fr/conseils/solaire/creme-solaire-durabilite

[5] https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/medecine-cremes-solaires-nanoparticules-sont-elles-dangereuses-31191/

[6] https://ec.europa.eu/health/scientific_committees/docs/citizens_titaniumnano_fr.pdf

[7] https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/des-cremes-solaires-cancerigenes-avec-le-temps-alerte-le-cnrs-1296412

[8] Vitamin D and risk of cause specific death: systematic review and meta-analysis of observational cohort and randomised intervention studies BMJ 2014; 348 doi: https://doi.org/10.1136/bmj.g1903 (Published 01 April 2014)

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