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La grande détox numérique arrive (pour nous sauver)

« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ».

Voilà l’une des phrases les plus célèbres de la littérature française, qui appartient à la non moins célèbre fable : Les Animaux malades de la Peste, de Jean de la Fontaine.

En effet, vous aurez certainement remarqué qu’une pandémie de narcissisme est en train de se répandre partout depuis quelques années.

J’utilise un terme médical à juste titre. Parce qu’on voit se développer des comportements que l’on n’aurait pas imaginés auparavant.

Des comportements qui peuvent être tout aussi nocifs pour les personnes concernées que pour leur entourage. Et vous pouvez faire partie de cet entourage.

Narcisse, c’est vous, c’est moi

Il y a au moins trois versions du mythe de Narcisse (Ovide, Conon, Pausanias). Dans chacune d’elles, Narcisse est un chasseur beau et insensible à l’amour, maudit par un soupirant (ou une soupirante, la nymphe Écho).

Il en est châtié par les dieux : il tombe amoureux de sa propre image, et finit par mourir de son amour inassouvi. À l’endroit où il se contemplait poussent des fleurs qui portent son nom, les narcisses.

Généralement, on considère que les mythes de la Grèce ancienne n’étaient que du folklore.

C’est un tort ! Les mythes servent à réfléchir à qui nous sommes au fond, et donc à notre place dans le monde, quelle que soit notre époque.

Le mythe de Narcisse rappelle l’attitude des adolescents et des jeunes adultes dont la beauté et le charme singuliers peuvent leur être préjudiciables.

En effet, on n’a pas attendu la médiatisation des top models, ou l’avènement des réseaux sociaux, pour que les beaux jeunes gens suscitent une admiration déraisonnable. Les Grecs anciens aimaient d’ailleurs se moquer de ce genre de comportement. [1]

C’est vrai, la vanité touche la plupart des individus, femmes et hommes, et chacun aime à se voir plus beau – ou plus laid – qu’il ne l’est. Mais lorsque vous n’êtes aimé que pour votre apparence, vous finissez par vous réduire à cela.

Or dans une époque où l’on vante la jeunesse éternelle, c’est l’apparence qui devient un critère de valeur dominant.

Cette mauvaise influence, qui n’est en principe que celle de milieux peu recommandables, a désormais pignon sur rue, et influence non seulement la jeunesse, mais toute la société.

Les réseaux sociaux ne sont pas un cadeau

Difficile de savoir ce que l’on vaut dans un monde qui ne se réduit plus qu’à des images.

C’est encore pire après les longues plages de confinement, où l’on n’avait plus pour référence sociale que l’image de l’autre, et non plus sa présence.

Certains d’entre nous ont trouvé une excitation permanente dans les communautés créées par ces réseaux, avec des flux d’information addictifs.

Cela les a éloignés d’autres consommateurs, qui préfèrent les divertissements sympathiques de la télévision ou de Tik-Tok.

La palme de la nocivité revient évidemment au réseau Instagram, vitrine indispensable pour presque tous, qui réduit tout un chacun à son image.

D’après le récent documentaire d’Arte, la foire aux vanités, ce serait à cause d’Instragram et des réseaux du même genre, que la moitié des usagères de la chirurgie esthétique sont aujourd’hui de jeunes femmes.

Elles ne veulent plus gommer les défauts liés à l’âge, mais se rendre aussi parfaites que leurs modèles.

À ce titre, il n’est pas si rare que, parmi ces jeunes femmes, certaines s’en remettent à des chirurgiens esthétiques sans compétence, et succombent sur la table d’opération…

Ce tabou met à l’épreuve notre société

On pourrait croire que cette foire aux vanités touche principalement les femmes, plus visées par les modes et les modèles.

En effet, à cause du harcèlement, beaucoup de jeunes femmes se retrouvent psychologiquement brisées par les réseaux sociaux.

Mais il est socialement découragé de blâmer le progrès technique. Vous ne voudriez pas être réactionnaire tout de même ! En revanche, blâmer les hommes de tous les maux semble être devenu furieusement moderne…

Du côté des hommes, la situation n’est pas plus reluisante.

Les comportements sans empathie, les troubles de la personnalité et l’adhésion à des normes absurdes passent désormais pour des attitudes favorables à la réussite sociale. C’est être « corporate ».

Cette hystérie masculine de la norme, encouragée depuis des années, n’est pas étrangère aux ravages de la cocaïne, drogue de la performance, dont la consommation est devenue un marqueur de réussite sociale.

C’est aujourd’hui un véritable fléau sanitaire, mais rares sont ceux qui brisent ce tabou, tellement il est devenu répandu dans les grandes villes.

La grande détox numérique arrive

Gardez l’esprit vif quoiqu’il arrive. Défiez-vous intellectuellement. Adhérez aussi à des associations qui partagent vos intérêts, vous vous sentirez moins isolé.

Les techniques modernes de communication nous emportent dans le flot d’une hystérie de masse à laquelle les médias cherchent à nous habituer.

Ainsi, nous avons cru que la « crise covid » était passagère, mais nous vivons depuis dans l’état d’urgence permanent.

Voilà pourquoi il est important de décrocher. Sortez de chez vous autant que vous le pouvez, éteignez les écrans dès que vous le pouvez.

Depuis quelques années, il existe des stages de « désintoxication numérique ». On les croyait réservés aux cadres dynamiques en surchauffe. Je finis par croire qu’ils seraient bons pour toute la population !

Peut-être devrions-nous même décréter une semaine sans écran ? Mais dans ce cas-là, qui pourrait tenir ?

En tout cas, un pays comme le Danemark prétend faire de la détox numérique un art de vivre, et il le recommande pour les touristes qui viendraient le visiter ![2]

Cela représente un changement radical de notre rapport à la technologie, qui a, hélas, peu de chances de se répandre dans toute la population.

À moins que la raréfaction et la cherté de l’énergie finissent par refroidir les esprits plus vite que nous le voudrions… et raviver une convivialité que nous avons crue perdue pour toujours !

Portez-vous bien,

Dr. Thierry Schmitz


Sources

[1] C’est notamment le cas dans l’Anabase de Xénophon.

[2] https://www.visitdenmark.fr/danemark/quoi-faire/deconnectez-vous/digital-detox

Sources

15 commentaires sur “La grande détox numérique arrive (pour nous sauver)

  1. Superbe démonstration de l’absurdité qui nous guette de plus en plus…
    Sans le vouloir j’ai eu une discussion avec des amis à midi concernant ce sujet. Influenceurs et influenceuses deviennent un fléau véritable.
    Il est temps de défendre notre liberté de penser, d’agir et surtout notre liberté d’être !

  2. Bravo pour cet article. Il y a longtemps que j’ai décroché de la TV, même pour la météo = tout est faux et les médias aussi, cela s’appelle du bourrage de crâne indélébile. Internet aussi … mais là on nous y oblige, c’est prire.

    Et ce n’est qu’un début, vous n’avez pas tout vu qui se prépare avec la grève du 29 sept.

  3. Bien vu. Se couper de tous les écrans n’est qu’une solution partielle, nécessaire ? pas sûr, suffisante, j’en doute. Alors quoi faire dans un monde qui cherche à uniformiser tous les individus ? Il faut rechercher les moyens qui permettent au corps et à l’esprit de se retrouver pour se reconnaître, s’apprécier et vivre en harmonie Cela demande un effort dans cette démarche avant tout individuelle mais combien gratifiante. C’est ma conviction. Plusieurs procédés et techniques permettent d’obtenir un résultat satisfaisant. La patience est de mise mais quel bonheur de se sentir bien, à sa place dans ce monde agité et mouvant.

  4. Bonjour
    Comme souvent je vous lis avec grand plaisir. Mais il ya un aspect du monde connecté qui est trop peu connu. Courrier International et le Guardian me l’ont fait découvrir. Il y a des gens malveillants qui se servent des réseaux « sociaux » pour contrôler les opinions des gens. Brittany Kaiser nous a pourtant bien renseigné sur ces manipulations. Et quand on voit le fascisme relever la tête un peu de partout, je pense qu’il serait temps de mettre fin aux agissements de Robert Mercer et sa fille Rebekah. Et ça passe forcément par les faire sortir de leur cachette; leurs manoeuvres marchent parce que quasi personne n’est au courant.
    Bien amicalement

  5. Bonjour Doc Schmitz , merci pour ce bel article que je trouve plein de cohérence et de bon sens . Je ressens comme vous un grand danger pour toutes les générations présentent par rapport entres autres par exemple, aux fameux « réseaux sociaux ». Ceux ci créent des  » images  » qui peuvent être déconnectées de la réalité , aussi bien pour ceux qui les émettent que pour ceux qui les reçoivent . Ceci je pense crée une ambiance « chimérique » dans une semi conscience de ses acteurs qui y trouvent certainement du plaisir dans le fait de pouvoir s’exprimer et de se sentir enfin exister dans une société devenue en de nombreux points presque inhumaine . Malheureusement ce plaisir est obtenu à titre personnel sans aucun bénéfice pour la communauté ,puisqu’il occulte en fait, le problème systémique de notre société qui n’arrive pas à évoluer et se laisse déborder par une technologie , qui risque par ce fait de devenir désastreuse ,voir mortifère ! Pour ma part ,ayant un métier manuel et malgré sa rudesse au niveau physique et psychologique , je ne me sens pas « déconnecté du réel et encore en harmonie avec la nature qui nous a fait en tant qu’être humain , mais il y a un combat à mener pour la pérennité de notre espèce ! Bien à vous mes meilleurs salutations .

  6. Docteur Thierry Schmitz,
    votre dernière remarque m’a replongé dans le passé…C
    C’était il y a fort longtemps le grand pilonne qui amenait la Télé dans toutes les maisons finistériennes avait été saboté et devenu un amas de ferraille. Les jours qui suivirent virent la renaissance de notre campagne: les gens passaient les soirées chez les un et les autres, chantant les vieilles chansons bretonnes, jouant au dominos ou s’embarquant comme au temps de mes parents (j’ai 93 ans!) dans des discutions politiques ou autres…La réaction de Paris ne c’est pas fait attendre: Léon Zitron rappliqua avec le jeux « interville » et autresI divertissements TV et la construction d’un nouveau pilonne fut plus rapide qu’annoncée…on ne pouvait pas laisser les bretons sans « distraction » plus longtemps et retomber au moyen age.
    Merci pour votre action et bon courage.

  7. extrèmement d’accord avec ce jugement sur le narcissisme des reseaux sociaux et sur votre chronique juste et sensée — pas d’écrans et nous ferons des économies en décroissance au lieu de cette fuite en avant implicitement imposée par la société des médias —« mais la nature est là(, heureusement encore ) plonge toi ds son sein qu’elle t’ouvre toujours,–« -et la nature est là qui t’invite et qui t’aime—

  8. finalement, moi qui me croyais un attardé des temps modernes, je découvre, à la lecture de votre lettre, que je suis un survivant d’un naufrage moderne auquel je suis heureux d’avoir échappé et je m’en félicite. Je ne vais plus chercher à remonter mon retard, merci docteur Schmitz. Guy DANIEL

  9. Bonjour Docteur Schmitz.
    Il y a belle lurette que j’ai trouvé la SOLUTION … elle n’est pas si difficile … il suffit de se servir des techniques du 21ième siècle ! lol
    Puisque le « MAL » provient de ce tube cathodique, j’ai pris des décisions radicales :
    Je regarde rarement une émission en direct … si cela arrive et que l’émission est enrichissante > j’enregistre l’émission en cours et si c’est vraiment une belle émission … je recherche dans l’agenda sa rediffusion et j’enregistre l’émission en entier !
    Je me suis fixé un agenda des chaines prioritaires :
    Pour les documentaires en priorité ARTE, les chaines Planète 59, National Geographic Channel 60 et 61 – chaines Planète + Aventure 200 et 201 – chaine Ushuaïa 203 – 204 et 205 chaines HISTOIRE – 206 chaines Science et vie (en 1960 j’étais déjà très curieux de nature et abonné à cette revue mensuelle lol)
    Pour l’information : CNEWS chaine 16. Pascal Praud est programmé pour la semaine.
    Pour le divertissement : chaine 6 « scène de ménage » : programmé à la semaine.
    L’avantage de ce choix, c’est MOI qui fixe ce que j’ai envie de voir et quand je regarde, j’ai le POUVOIR d’accélérer les passages qui ne m’enrichissent pas (du déjà vu, la PUB, etc.)
    Depuis ce fameux COVID (2019), je ne déjeune plus avec la télévision … dans le silence et la mastication … parfois je m’offre un support musical sur YOUYUBE (les 3 ténors ou du Mozart ou les « Préludes » de BACH ou le concerto pour violon de Beethoven) c’est GENIAL !
    Hors sujet … mais pas tant que ça !
    L’appareil pour HYDROGENER l’eau : en conclusion et avec confirmation d’un appareil doseur d’hydrogène … il faut hydrogéner un verre d’eau à chaque fois, sinon, si on hydrogène la quantité du flacon, le taux d’hydrogène descend vertigineusement jusqu’à la dernière goutte … avec ce système j’arrive à boire 1Litre d’eau super hydrogénée par jour + 0,500L (non hydrogéné, puisque chauffé) pour mon Thé vert bio AB + graines de Fenouil.
    L’eau est au préalable filtré dans un OSMOSEUR inversé où en particulier le « Résidu sec » arrive à 14mg/L … pas mal, la référence étant l’eau MONT ROUCOUS qui arrive à 22mg/L.
    Merci pour tous vos bons conseils.
    Cordialement.
    Bernard

  10. Le culte de la Beauté n’est vanité que pour les primitifs de mentalité et dénote le degré d’évolution d’une société…. à ne pas confondre avec les phénomènes de mode, évidemment.
    Quant au mythe de Narcisse, il est affligé d’une lecture superficielle dénotant l’incompréhension totale de sa portée élevée.

Si vous avez une question sur cet article, vous pouvez la poser ci-dessous.

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