natto_daily_ Dr. Schmitz

Un « Destop » pour vos artères ?

Chère lectrice, cher lecteur,

Imaginez qu’une étude faite sur 15 ans, qui comprend plus de 13000 patients, révèle que le camembert coulant est ce qu’il y a de mieux pour vos artères ?

Est-ce que vous en mangeriez ? Est-ce que vous supporteriez l’odeur ?

C’est exactement ce qui se passe pour les Japonais !

En effet, c’est un de leurs plats les plus odorants (voire, selon leurs propres termes, les plus « puants »), qui est l’un des meilleurs pour la santé – sinon le meilleur !

Il s’agit du nattō, du soja fermenté sur de la paille de riz, un aliment typique de la culture japonaise, qui fait désormais des émules dans le monde entier (pour ses qualités nutritionnelles, surtout !)

Une recette traditionnelle devenue célèbre

Le nattō consiste en des graines de soja fermentées par une bactérie particulière : c’est elle, le « nattō ». De fait, les techniques de fermentation du soja ne manquent pas.

Originellement, le nattō vient du douchi chinois, un condiment. Au VIIIe siècle, avec les missionnaires bouddhistes qui sont arrivés au Japon est venue l’écriture, mais aussi les recettes chinoises !

Mais on retrouve différentes recettes de soja fermenté partout en Asie orientale, de l’Inde à la Corée, en passant par l’Indonésie. On en trouve désormais jusqu’en Afrique de l’Ouest, où le soja remplace le néré dans la fabrication du soumbala[1], une spécialité fermentée. 

Toutefois, c’est au pays du Soleil Levant que le nattō a acquis une réputation et, en quelque sorte, un raffinement inégalé.

Déjà mentionné dans les ouvrages sur la cuisine au XVe siècle, il est devenu une spécialité aux environs du XVIIe siècle[2], mais c’est surtout pendant la Seconde Guerre mondiale qu’il est devenu un plat mangé partout au Japon.

D’abord parce qu’il est peu cher à fabriquer et se mange froid sur du riz. De plus, sa forte concentration en minéraux et en protéines en fait un plat roboratif qui donne l’énergie suffisante pour affronter de solides journées.

Voilà pourquoi il a également été mis en valeur dans le Japon de l’après-guerre, où la pauvreté était la norme, et où on mangeait encore difficilement à sa faim. On a même décrété le 10 juillet « jour du nattō » afin de promouvoir sa consommation !

Ce n’est que tardivement que les vertus nutritives du nattō ont été mises au jour et spécifiquement celles bonnes pour le cœur. Voilà comment un plat fermenté, à l’odeur et au goût très forts, a acquis une réputation internationale ! 

Toutefois, même au Japon, son odeur très forte incommode beaucoup de consommateurs, voilà pourquoi il existe sous des formes « séches », « grillées ». En Occident, on le trouve plutôt sous forme de compléments alimentaires !

Les Japonais démarrent la journée avec ça !

Le nattō a des qualités nutritionnelles qui ont fait sa réputation pendant des siècles. À moitié composé d’eau, il est peu calorique (200kcal / 100g).

Pour le reste, il contient 16% de protéines, des fibres alimentaires (probiotiques) et des acides gras de qualité (polyinsaturés), ce qui est en fait un aliment parfaitement équilibré et rare pour sa composition.

Du point de vue des vitamines, il n’est pas en reste, puisque 100g de nattō donne les 3/4 de l’apport journalier en vitamine B5, la moitié des vitamines B2 journalières, le 1/3 en cuivre, le quart en magnésium, en phosphore, et 20% du zinc nécessaire au quotidien.

Le nattō est réputé de longue date pour son effet antibactérien. Avant la découverte des antibiotiques, il avait déjà la réputation de limiter la dysenterie[3], comme cela a été observé scientifiquement dès l’entre-deux-guerre.

Il a également permis d’arrêter la fièvre typhoïde[4]. Plus récemment, des études ont montré qu’il était un agent anti-prolifération contre l’E.Coli pathogène, mais aussi contre le staphylocoque doré[5]

Les Japonais l’apprécient également pour sa capacité à conserver l’hygiène dentaire. Son efficacité à limiter l’apparition des caries a été scientifiquement prouvée[6]. Ainsi, manger du nattō, c’est bon pour vos dents !

Enfin, il cumule les effets de ses isoflavones (renforcement de l’immunité, rééquilibrage hormonal), de la lécithine (régulation intestinale et effet antibactérien) et de ses saponines propres aux nattō (efficace contre l’hypertension et la prévention des AVC).

Il donne en plus un effet de satiété très recherché au Japon pour mincir[7].

Il n’y a pas mieux pour vos os non plus !

Le nattō est la MEILLEURE source alimentaire en vitamine K.

Pour 100g de nattō vous avez 600 µg de vitamine K, ce qui représente 6 fois l’apport journalier recommandé.

La vitamine K est très rare dans l’alimentation. Mais en plus, dans le nattō vous trouvez les deux types de vitamines K : K1 et K2.

La vitamine K2 est essentielle pour les os. Elle permet à la vitamine D de décupler son effet – et la vitamine D est indispensable pour rester en bonne santé. De plus, la vitamine K2 améliore l’absorption du calcium[8]

De plus, l’acide glutamique du nattō permet une meilleure métabolisation du calcium, ce qui fait du nattō le produit idéal pour vos os.

D’ailleurs, une étude faite sur les femmes a montré que cet apport en vitamine K réduisait considérablement le risque de fracture : entre -25% et -65% pour les fractures vertébrales, -23% pour les fractures de la hanche, et -19% pour les fractures non vertébrales[9].

Alors, quel que soit son goût, il semble que le nattō vaille la peine !

Un « destop » cardiovasculaire ?

Les qualités pour le cœur du nattō sont scientifiquement prouvées, et la science ne fait qu’accréditer ce constat à mesure que les années passent.

Déjà, cette spécialité japonaise contient beaucoup de fibres probiotiques qui réduisent votre taux de cholestérol. Or le cholestérol augmente le risque de formation des caillots dans les artères.

Mais surtout, c’est la nattokinase, cette enzyme qui forme des filins sur le soja fermenté, qui a une qualité extraordinaire : celle de faire fondre les caillots sanguins !

Cet effet a même été prouvé dès la première prise de nattō ![10]

C’est ce qui explique l’insistance des autorités japonaises pour que leurs citoyens prennent du nattō et la raison pour laquelle il est considéré officiellement comme un alicament (un médicament-aliment).

Ceci a été accrédité par une étude commandée par le gouvernement japonais, qui a examiné plus de 13000 patients sur 15 ans, et qui a tout simplement montré que les consommateurs de nattō meurent statistiquement plus vieux ![11]

Il a également été démontré que la nattokinase réduit l’hypertension[12], et que la vitamine K2 évite l’accumulation du calcium dans les artères.[13]

Les avantages du natto, sans l’odeur « puissante »

Je vais être honnête avec vous : je ne suis pas un « fan » du nattō.

À la limite, je pourrais faire l’effort d’en manger de temps à autre, comme beaucoup de Japonais qui ne le consomment que pour ses vertus santé. Mais en faire l’un des piliers de mon alimentation est au-dessus de mes forces…

Disons qu’il y a bien d’autres plats, dans la cuisine japonaise, qui suscitent plus d’enthousiasme de ma part !

D’autant que le nattō est généralement empaqueté dans des boîtes en polystyrène, un perturbateur endocrinien de premier plan.

De plus, si vous n’habitez pas dans une capitale, ne comptez même pas le trouver en magasin. Il vous faudra vous faire livrer, et bien vérifier les dates de péremption…

Voilà pourquoi je préfère largement le nattokinase en gélules. Il vous est livré en 48h, vous n’avez pas à subir l’odeur et le goût très forts, et par-dessus tout, vous êtes sûr de pouvoir mener votre cure jusqu’au bout.

Je privilégie à ce titre ce nattokinase-là, qui est pour ma part le plus efficace, car la molécule est extraite, encapsulée et préservée avec le plus grand soin.

Donnez-moi en des nouvelles !

Dr. Thierry Schmitz

Sources

[1] Yoshiko Yoshida, The Story of Beans-Ask about the World’s Bean Food Culture (Heibonsha New Book) 2000/4/1

[2] Osamu Ishizuka, L’histoire du nattō, Taishukan Shoten , 2016.

[3] Kawamura Ichi, Sur l’antagonisme entre Shigella et nattō, Journal de la Société japonaise des maladies infectieuses, Tome 10 (1935-1936) n° 9,

[4] Akira Sakurada, La thérapie Bacillus natto pour le « typhus » Vol.11 (1936-1937) No.7 P.755-761,

[5] Isolation, Identification and Antimicrobial Evaluation of Bactericides Secreting Bacillus subtilis Natto as a Biocontrol Agent, by Jing Zhang 1, Muhammad Bilal 1ORCID, Shuai Liu 1, Jiaheng Zhang 1, Hedong Lu 1, Hongzhen Luo 1, Chuping Luo 1, Hao Shi 1, Hafiz M. N. Iqbal 2ORCID and Yuping Zhao 1,*

[6] The Japanese Fermented Food Natto Inhibits Sucrose-dependent Biofilm Formation by Cariogenic Streptococci, Aya Iwamoto, Tomoyo Nakamura, Naoki NarIsawa, Yukimasa kawasaki, Shin abe, Yasuyoshi torii, Hidenobu senpuku and Fumio takenaga, Department of Food Bioscience and Biotechnology, College of Bioresource Sciences, Nihon University, Fujisawa, Kanagawa 252-0880, Japan

2Department of Bacteriology, National Institute of Infectious Diseases, Tokyo 162-8640, Japan

[7] Optimising foods for satiety, Lucy Chambers, Keri McCrickerd, Martin R.Yeomans, Trends in Food Science & Technology, Volume 41, Issue 2, February 2015, Pages 149-160

[8] Integr Med (Encinitas). 2015 Feb; 14(1): 34–39.Proper Calcium Use: Vitamin K2 as a Promoter of Bone and Cardiovascular Health, Katarzyna Maresz, PhD

[9] Arch Intern Med. 2006 Jun 26;166(12):1256-61. doi: 10.1001/archinte.166.12.1256. Vitamin K and the prevention of fractures: systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials Sarah Cockayne, Joy Adamson, Susan Lanham-New, Martin J Shearer, Simon Gilbody, David J Torgerson

[10] Scientific Reports, 25 juin 2015, A single-dose of oral nattokinase potentiates thrombolysis and anti-coagulation profiles Yuko Kurosawa, Shinsuke Nirengi, Toshiyuki Homma, Kazuki Esaki, Mitsuhiro Ohta, Joseph F. Clark and Takafumi Hamaokaa

[11] Norie Sawada et al. Association de la consommation de soja et de produits à base de soja fermenté avec la mortalité totale et spécifique : étude de cohorte prospective, British Medical Journal, 2020 ; 368 doi : https://doi.org/10.1136/bmj.m34 (Publié le 29 janvier 2020)

[12] Hypertension Research, 2008 Aug;31(8):1583-8. doi: 10.1291/hypres.31.1583. Effects of nattokinase on blood pressure: a randomized, controlled trial Ji Young Kim et al.

[13] Oman Medical Journal, 2014 May; 29(3): 172–177. Vitamin K Dependent Proteins and the Role of Vitamin K2 in the Modulation of Vascular Calcification: A Review, Margueritta S. El Asmar et al.

1 commentaire sur “Un « Destop » pour vos artères ?

  1. Bonjour Docteur SCHMITZ, je suis en traitement sous Anticoagulant et Anti agrégant, puis utiliser du Nattokinase en gélules ?
    Je vous remercie pour me donner votre Avis.
    Délio IOGLESIAS

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