Poivron

Le poivron, trésor culinaire de l’été

Chère lectrice, cher lecteur,

Nous parlons ici de l’une de mes amours et d’un ingrédient sans lequel l’été n’est pas l’été : je veux vous parler du poivron.

Certes, il m’arrive parfois, tant mon amour est immodéré pour ce légume à la couleur ardente, d’en consommer en d’autres saisons même s’il provient d’autres contrées que celle où je réside (je sais que je suis impardonnable).

Mais je suis attiré par les pays du poivron comme un papillon par une lumière dans la nuit, et j’y séjourne tant que je peux, car il ne saurait exister, à mes yeux bien partiaux, de terroir au goût plus expressif.

Car ce n’est pas le tout de parler (ou d’écrire) à longueur d’années à propos du régime crétois ou méditerranéen. On finit même par y trouver des préférences !

Hélas, les amateurs inconditionnels d’ail, d’oignon, de fêta restent plutôt discrets, et c’est généralement sur la tomate, dont le public connaît d’avances les principales variétés, que la discussion se rabat.

Pourtant, pourrait-on jamais concevoir d’assiette méditerranéenne sans les couleurs chantantes du poivron, qui invitent autant à l’appétit qu’à la poésie ?

Il faut dire que notre légume d’été a parfois mauvaise réputation.

Déjà frère du piment, le délinquant de l’assiette, le poivron est connu pour être quelques fois difficile à digérer.

Heureusement, il existe une méthode infaillible pour l’apprivoiser

Un eldorado antioxydant

Le poivron est de la même famille que le piment, dont il est le frère doux. Les peuples amérindiens ont commencé à le cultiver et à les diversifier il y a près de 10 000 ans. La naissance du poivron a donc quelques milliers d’années, semble-t-il.

Quand les Espagnols découvrent l’Amérique, ils ramenèrent assez tôt le poivron en Europe. Avec les Portugais, ils étendirent la culture de ce légume partout dans le monde.

C’est un solide réservoir de qualités nutritives. On y trouve une bonne dose de vitamine B6, mais surtout, c’est en vitamine C qu’il est plein à craquer, puisque seulement 100g de poivron donnent presque la dose quotidienne recommandée pour un individu !

Il est plein de polyphénols – ce qui se voit dans sa coloration intense, et qui correspond à de puissantes qualités antioxydantes.

Or ces qualités antioxydantes font un bien fou à votre corps : notamment la protection contre les radicaux libres qui sont responsables du vieillissement en général et de vos cellules en particulier.

Notons aussi la prévention du cancer inhérente aux polyphénols, de même que la réduction des risques cardiovasculaire, le soutien de la santé des poumons, la protection contre l’arthrite rhumatoïde[1].

Or les poivrons sont un des légumes les plus riches qui soient en antioxydants, et c’est l’un des secrets du régime méditerranéen, réputé pour faire bien des centenaires[2].

Toutefois, si vous voulez profiter du maximum d’antioxydants, il faut prendre le poivron à sa pleine maturité, quand il est le plus « rouge » – ou de la couleur la plus vive que s’il est vert ou jaune[3].

Parmi les polyphénols que contient le poivron, il y a entre autres la quercétine, excellente pour l’immunité, mais aussi le bêta-carotène, indispensable à une bonne vue.

Entre les quatre couleurs de poivrons les distributions de ces polyphénols sont inégales. Les poivrons rouges sont les plus chargés en polyphénols : quercétine, bêta-carotène, capsanthine et lutéoline.

De leur côté les poivrons verts sont les moins antioxydants de tous. Les poivrons violets, que l’on ne trouve que rarement sur nos étals en Europe, semblent bien équilibrés.

Le poivron sans les inconvénients !

D’un côté, il est aussi agréable au goût qu’il est bon pour la santé ; mais de l’autre, il peut être difficilement digeste, et il perd facilement ses qualités nutritives.

Il y a bien évidemment la solution qui consiste à le cuire à la vapeur. Ce n’est certainement pas la plus goûtue, mais c’est celle qui permet de conserver au maximum ses bienfaits.

Vous pouvez aussi essayer de manger les poivrons croquants, en salade, coupés en tige ou en dés. Mais là aussi la peau sera plus dure et moins digeste.

Une autre solution consiste à les faire cuire au four très doucement et très lentement, afin d’en retirer la peau tout doucement.

Une cuisson au four permet de préparer une recette comme la tchoutchouka, que vous pouvez plus ou moins épicer, selon les goûts à table.

Sinon, pour une authentique tchouktchouka il vous fait 2 oignons, 3 tomates pelées, 2 poivrons rouges, 1 pouvron vert, 3 gousses d’ail, 4 cuillères à soupe d’huile d’olive, du sel et du poivre.

D’abord il faut émincer les oignons et peler l’ail, et les faire revenir à la poêle. Ensuite, pelez les tomates et coupez les en dés et ajoutez-les.

Ensuite seulement vient le tour des poivrons. Vous pouvez les couper crus en dés, puis les ajouter à la recette, puis laisser mijoter 10 minutes.

Ou alors, vous les ajoutez déjà précuits et sans peau, avant de mettre le sel et le poivre, et de faire la dernière cuisson à feu doux et couverte, qui dure 15 à 20 minutes. Il faut remuer souvent, pour que ça n’attache pas, car c’est délicat.

Vous voilà avec une jolie recette pour l’été !

Dr. Thierry Schmitz

Sources

[1] Ensminger, A.H. and M. K. J. Esminger. 1986. Food for Health: A Nutrition Encyclopedia. Clovis, California: Pegus Press; 1986. PMID:15210.

[2] Antioxidant activities of different colored Sweet Bell Pepper (Capsicum annum L.). Journal of Food Science 72: 98-102

[3] Deepa, N., Kaur, C., George, B., Singh, B. and Kapoor, H.C. (2007) Antioxidant Constituents in Some Sweet Pepper (Capsicum annuum L.) Genotypes during Maturity. LWT-Food Science and Technology, 40, 121-129.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *