pot au feu

Les vertus secrètes du pot-au-feu

Chère lectrice, cher lecteur,

Après avoir reçu tant de superbes recettes de votre part, je voudrais vous faire part de l’une des miennes : celle du pot-au-feu, inspirée de ma chère grand-mère.

Beaucoup des suggestions que vous m’avez faites m’ont donné cette idée. En effet, rien de tel qu’un bon bouillon chaud pour nous redonner du courage et de l’énergie pour affronter la fraîcheur de l’hiver.

Comme beaucoup d’entre vous sans doute, ce met me rappelle la cuisine de ma grand-mère où je passais tant de temps, lorsque j’étais enfant.

A l’époque, j’essayais de retenir les recettes, mais impossible de me souvenir de tous les noms des herbes et des aromates !

Et pourtant, après tant d’années, chaque fois que j’hume la bonne odeur du pot-au-feu, ce sont ces souvenirs d’enfance qui me reviennent, et c’est encore eux que je fais revivre chaque fois que je sens l’odeur du bouquet garni …

Une bonne viande oui … mais une fois de temps en temps !

La viande est un produit qui a besoin d’être salé.

Or, le sel est honni et détesté de tous les diététiciens. Son incidence sur la tension peut être mauvaise. Il favorise aussi la rétention d’eau, ce qui est regrettable si vous êtes déjà en surpoids. D’autre part, la viande, aujourd’hui comme hier, coûte cher.

Mais rappelons-nous tout de même que nos aïeux préhistoriques risquaient leur vie pour en obtenir… La vie de chasseur était donc aussi active que dangereuse. Bien plus que ne l’est le fameux régime paléo qui essaie péniblement d’imiter le même régime.

Donc, à moins que vous ne dépensiez au moins 4000 calories par jour, le régime viande et noix ne me paraît pas être une bonne idée pour perdre du poids.

Sans compter que, pour la planète, consommer de la viande tous les jours, et parfois durant plusieurs repas, n’est pas ce que j’appelle « donner l’exemple ».

Il est essentiel de respecter notre nature, et celle de l’être humain qui est omnivore. A l’origine, nous sommes capables aussi bien de cueillette, que de pêche et de chasse.

Pour votre propre santé, donc, mieux vaut limiter votre consommation de viande et la privilégier lors d’un repas dominical en famille par exemple.

Il n’empêche, c’est un met qui demeure savoureux, et qui est doté d’une grande qualité nutritionnelle !

La viande contient en effet ces petites particules extrêmement importantes pour notre organisme , notre cœur et notre respiration en particulier : la CoQ10.

Cette Co-enzyme Q10 dont je vous ai parlé à de nombreuses reprises pendant toute la « crise sanitaire » reste le carburant de la respiration et la source énergétique de toutes nos cellules.

Il est meilleur de l’obtenir sous forme de complément alimentaire, mais cela n’empêche pas de privilégier, une fois par semaine, un apport naturel !

Dans le pot-au feu familial, un kilo de viande représente une bonne dose, avec du paleron, du plat de côte et du gite, des parties bien filandreuses particulièrement recommandées pour une longue cuisson.

Un os à moelle par personne est également recommandé, pour donner du goût. Je trouve que cela parfume très bien le bouillon, même si je préfère en laisser la consommation aux autres. Il se trouve toujours quelqu’un pour manger ma part !

N’oublions pas toutefois, avec les problèmes du temps de la vache folle, qu’il est très important de choisir avec soin votre viande, et donc votre boucher.

Il vaut mieux manger très rarement de la viande de bonne qualité que de manger régulièrement de la viande médiocre, d’animaux maltraités et mal nourris, dont la santé déplorable n’améliorera pas la vôtre.

Le poireau pour égayer les journées d’hiver

Certains légumes sont particulièrement savoureux et tiennent bien au corps. Leur goût même évoque sur nos papilles la consistance, la solidité, la résistance au froid. C’est pour ça que nous les aimons !

Je ne cesserai jamais de faire la publicité de la carotte, l’amie de votre vue. Ce lieu commun de l’alimentation a été depuis longtemps vérifié par la science, mais cela n’empêche pas que ce doux légume ne soit pas toujours facile à faire avaler aux enfants, pour son goût amer. 

Avec le pot au feu, l’amertume de la carotte disparaît au profit de sa petite touche sucrée. C’est donc un plaisir de la faire goûter sous cette forme, surtout lorsque son goût aura été bien relevé par le bouillon.

Les poireaux et l’ail sont de la même famille, et tous les deux excellents pour la santé. Ils chassent les parasites, les bactéries, les virus.

L’ail et l’oignon sont célèbres pour leurs vertus, et c’est ce qui fait leur succès tout autour du monde. Leurs qualités anti-cancer ne sont pas des moindres. Et ils ne sauraient être absents d’un pot-au-feu digne de ce nom !

Mais le poireau délicat, à la chair croquante, est particulièrement riche en vitamine K, indispensable pour les os, les artères et la coagulation.

Le poireau est donc un allié de votre santé, à consommer sans modération !

N’oubliez pas non plus les navets et les choux, ou même le céleri. Il a été observé que la richesse en nitrate du céleri pouvait faciliter l’irrigation du cerveau – laquelle a tendance à décliner avec l’âge.

Toutefois, les nitrates ne sont pas tous bons pour la santé. C’est pour cela qu’il vaut mieux que vous vous en teniez à ceux du céleri.

Je rappelle également que les navets et les choux, légumes d’automne par excellence, sont des antioxydants (donc anti-cancer et anti-âge), de la meilleure qualité.

Poireau et céleri ont la réputation de « déballonner » l’estomac, d’éliminer les eaux superflues par leur pouvoir diurétique, mais aussi d’être aphrodisiaques !

Libérez vos poumons !

Les légumes et la viande, ce ne sont que les matières premières du pot au feu.

Mais que serait-il sans son bouquet garni et ses clous de girofle ?

Le clou de girofle mériterait toute une conférence à lui seul. Disons simplement que ses vertus dépassent largement le cadre de la cuisine.

Ses qualités antiseptiques, donc anti-infection, ont été prouvées par la découverte d’un de ses principes actifs, l’eugénol. Il est recommandé si vous avez du mal à digérer, ou si vous toussez.

Il chasse les ballonnements et ressuscite l’appétit chez ceux qui en manquent !

Il a également la réputation d’être un aphrodisiaque léger, et de faire passer les migraines. Ce qui reste tout de même meilleur qu’une prescription de codéine, ennemie jurée de votre foie.

Difficile de trouver le clou de girofle autrement que dans le commerce, puisqu’il est généralement cultivé en Asie. Si vous connaissez quelqu’un qui peut vous en ramener de ces contrées lointaines, n’hésitez pas. Les critères de fraîcheur du produit y sont mieux respectés que chez nous.

En revanche, j’ai un jardin où je peux cultiver moi-même mon bouquet garni, et je vous recommande d’en faire de même ! Rien de tel que de faire pousser vos propres aromates pour être assuré de leur fraîcheur !

Et parmi ce bouquet garni, le thym, dès la saison froide, est une plante dont je ne peux que recommander la consommation. Elle réchauffe le corps en tisane, dégage les poumons et le système respiratoire dans son entier.

Elle est particulièrement recommandée si vous vous sentez fatigué, physiquement ou moralement, si vous êtes anxieux ou déprimé.

Surtout, elle se révèle incontournable si vous subissez des maux respiratoires comme le rhume, le mal de gorge, la grippe, la bronchite, ou pire encore. En un mot comme en cent, elle est l’amie de vos poumons !

Je ne saurais donc trop vous la conseiller en cette période de « pandémie » et de grippe potentielle.

Dans le bouquet garni, il faut bien évidemment du laurier et du persil, deux plantes fort intéressantes, dont j’aurais l’occasion de vous reparler pour leur riche histoire.

Ma recette (modulable comme vous l’entendez)

  • 5 carottes
  • 3 poireaux
  • 2 choux
  • 2 oignons
  • 4 clous de girofle
  • 1 gousse d’ail
  • 1 bouquet garni
  • Poivre et sel selon votre goût
  • 1 kilo de viande de bœuf (paleron, gîte, plat de côte)
  • 1 os à moelle par personne

Il suffit de laver, éplucher les légumes. Certains coupent les légumes, d’autres les laissent intacts, à vous de choisir.

Piquez un oignon avec les clous de girofle

Faites bouillir dans 3 litres d’eau et versez les ingrédients, avec la viande en dernier – hormis les os à moelle.

Faites cuire pendant 3 heures à feu doux et écumez régulièrement.

1 heure avant la fin, ajoutez les os à moelle avec du gros sel aux extrémités pour que la moelle reste.

Servez bien chaud, vous pouvez agrémenter le tout avec de la moutarde ou du raifort. Le bouillon peut être réchauffé d’un soir sur l’autre et peut se conserver jusqu’à une semaine. Vous pouvez y remettre d’autres ingrédients.

N’hésitez pas à m’envoyer votre recette personnelle !

Dr. Thierry Schmitz

Sources

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