Protéger et préparer votre peau à affronter le soleil de l’été
Hormis en passant par le biais de la chirurgie esthétique (et encore), chez tout le monde les dommages du temps se marquent sur la peau. Si tout le monde subit l’effet du temps, on sait aussi que cette apparence extérieure dépend en grande partie de nos habitudes de vie. Malheureusement, personne n’échappe aux intempéries, aux pollutions atmosphériques ou encore à la lumière du soleil.
Alors à l’approche de l’été, voyons comment préserver au mieux cet épiderme qui se fragilise avec l’âge.
Quelques généralités sur la peau
À mesure que les années passent, la manière dont la peau retient l’eau se modifie. L’hydratation constitue l’un des facteurs majeurs du vieillissement cutané, car elle affecte souplesse et éclat naturel de la peau.
C’est l’acide hyaluronique, naturellement présent dans le derme, qui permet à votre peau de conserver l’eau. Les peaux matures, comme on les appelle, manquent généralement d’acide hyaluronique. Ainsi le teint devient moins lumineux, la texture s’affine et les ridules se marquent davantage.
L’hydratation cutanée est à son maximum et équilibrée jusqu’à environ 35 ans. Après cela, la capacité à retenir l’eau diminue. Il n’y a pas que l’âge qui affecte l’hydratation de la peau, le climat influence également directement la manière dont votre épiderme retient l’eau. L’hiver, l’air froid et sec accentue la perte d’hydratation. Tandis que durant l’été, ce sont les UV et la transpiration qui vont modifier cet équilibre hydrique.
Au sein du derme (couches de la peau située sous l’épiderme), avec le temps, les fibroblastes (cellules chargées du renouvellement du collagène et de l’élastine) ralentissent leur ouvrage. Ainsi le maillage invisible de soutien de la peau constitué des fibres de collagène et d’élastine se distend. Si cela se marque au niveau du visage (paupières tombantes, perte de l’arrondi du visage), la peau de l’ensemble du corps perd progressivement sa tonicité.
Le sébum chargé d’huiler naturellement la peau va lui aussi se raréfier. À l’image des céramides, véritables ciments situés entre les cellules de l’épiderme, qui vont eux aussi se faire plus rares.
Apparaissent également des taches pigmentaires résultant de l’activation des mélanocytes par le soleil avec pour conséquence un déséquilibre dans la fabrication de mélanine.
Elles s’installent prioritairement sur les zones exposées à la lumière, alors que certaines zones de la peau (entre autres du visage) s’assombrissent, d’autres pâlissent.
Tous ces facteurs combinés rendent la peau plus fine, plus fragile et moins résistante.
Plus on avance en âge, plus la préparation naturelle de la peau au soleil devient une priorité
Si le soleil nous apporte chaleur et énergie et que sa lumière constitue un véritable souffle de vie, il n’est pas toujours bénéfique pour la peau surtout si celle-ci est déjà fragilisée par les dommages tissulaires liés à l’âge.
Voici donc quelques bons réflexes à adopter durant l’été et avant toute exposition au soleil, mais dans l’idéal il faudrait les appliquer tout au long de l’année :
- Privilégier les aliments riches en bêta-carotène et en lycopène, ces pigments aux vertus antioxydantes qui préparent la peau au soleil en soutenant sa pigmentation naturelle : carottes, tomates, patates douces, abricots, pêches, etc. Melons (à chair orangée) et pastèques sont d’autant plus recommandés qu’ils sont gorgés d’eau et qu’ils participent de ce fait à l’hydratation de la peau. La plupart des pastèques rouges contiennent davantage de lycopène que les tomates fraîches et la concentration en bêta-carotène des melons augmente avec leur maturation.
- Boire suffisamment d’eau peu minéralisée contribue à l’hydratation profonde de la peau. Bien hydratée, la peau reste souple, plus résistante et plus apte à développer un bronzage uniforme et durable. S’hydrater suffisamment participe également de la bonne thermorégulation du corps entre autres grâce à la transpiration. La transpiration est elle-même protectrice vis-à-vis des rayons du soleil.
Les pertes minérales par sudation (entre autres iode, magnésium et sodium) sont importantes lors de la pratique sportive ou en cas de forte chaleur. On peut facilement les compenser en consommant régulièrement de l’eau de coco, en ajoutant quelques grains de sel marin ou un peu d’eau marine (type eau de Quinton) à l’eau de boisson.
- Préparer la peau en s’exposant progressivement: ce conseil vaut surtout pour les personnes à la peau sensible, aux peaux claires, pour les enfants et pour les personnes plus âgées, il est recommandé de s’exposer très progressivement dès le printemps aux premiers rayons du soleil durant 10 à 15 minutes les premiers jours. Cette durée peut être augmentée petit à petit. Quels que soient le type de peau et l’âge, on évitera les heures où le soleil est au zénith et donc le plus virulent les plus chaudes.
Dans nos régions, on considère que les UV sont les plus intenses de 11 à 16 h et que la période de risque maximal lors des journées ensoleillées se situe entre 12 et 15 h. Le pic d’UV se situe généralement entre 13 et 14 h en heure d’été.
- Des huiles végétales naturelles qui contribuent à protéger la peau.
Actuellement, nos autorités accusent le soleil d’être à l’origine de certains cancers de la peau, mais elles recommandent l’utilisation de crèmes solaires dont certains composants et les filtres chimiques sont eux-mêmes cancérigènes.
Voyons donc plutôt quelles huiles végétales naturelles peuvent participer à la protection de la peau lors de son exposition au soleil :
- Huile de pépins de framboise: certaines études la présentent comme ayant un SPF* de 28 à 50. Les voies officielles disent que cela n’a pas été confirmé par des études cliniques fiables sur la peau humaine. Cependant, l’on sait qu’elle est riche en tocophérols (vitamine E), en caroténoïdes et en polyphénols antioxydants et comme toutes les huiles qui contiennent ces principes actifs, elle tend d’office à réduire le stress oxydatif induit par le soleil. On sait également qu’elle absorbe une partie des UV en laboratoire.
- Huile de coco: on estime que sa protection se situe autour d’un SPF de 4 à 7 sachant qu’une protection d’un SPF de 4 bloque environ 75 % des UVB. Elle n’est donc pas considérée comme une protection solaire suffisante ni pour des expositions prolongées ni pour les peaux claires et sensibles. Elle limite cependant la déshydratation cutanée.
- Huile de sésame: contient des lignanes, comme la sésamine et la sésamoline des composés polyphénoliques aux propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Et même si les autorités ou l’industrie cosmétique ne les considèrent pas comme de véritables écrans solaires, ils limitent malgré tout certains dommages cellulaires provoqués par l’exposition aux UV.
- Huile de Karanja, extraite des graines de l’arbre Karanja (ou arbre de pongolote), est traditionnellement utilisée en médecine ayurvédique en Inde. Riche en pongamol et karanjin qui possèdent tous deux des propriétés filtrantes envers les UVA et les UVB, cette huile peut donc être utilisée pour préparer la peau au soleil. Cependant comme pour les autres huiles, il n’a pas été prouvé scientifiquement qu’elle constitue une véritable protection solaire.
- Les huiles riches en vitamine E et polyphénols comme celle d’argan, d’olive ou de germe de blé peuvent être ajoutées aux précédentes pour limiter les dégâts oxydatifs de l’exposition au soleil.
Outre la protection et la préparation de la peau, raison, bon sens et bonne hygiène de vie restent les premières mesures à appliquer en ce qui concerne l’exposition au soleil comme pour beaucoup d’autres activités du quotidien.
Portez-vous bien
Dr Thierry Schmitz

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