Constipation, transit intestinal et hygiène de vie
On considère que la constipation chronique affecte environ 10 à 15 % de la population adulte. Ce pourcentage peut atteindre environ 20 % chez les personnes plus âgées. On sait aussi que la constipation est plus fréquente chez les femmes, que sa fréquence augmente avec l’avancée en âge et qu’elle est plus courante chez les personnes sédentaires ou ayant une alimentation pauvre en fibres. L’hydratation joue également un rôle dans l’évacuation des selles.
En médecine, on parle de constipation :
- Lorsqu’une personne va à selle moins de 3 fois par semaine,
- Lorsqu’il existe une importante difficulté à évacuer les selles pendant plusieurs semaines,
- Lorsque les selles sont très dures ou se présentent en petits morceaux,
- Lorsqu’il y a une sensation d’évacuation incomplète ou une sensation de blocage d’évacuation des selles,
- Lorsqu’il y a un besoin régulier d’utiliser des laxatifs ou d’aider manuellement l’évacuation des selles.
Pour que le diagnostic soit posé, il faut que ces signes perdurent au moins 3 mois.
Selon les médecins, il n’est donc pas nécessaire d’aller à selle « tous les jours », car certaines personnes ont naturellement un transit plus lent qui donne une évacuation d’une selle tous les 2 ou 3 jours sans problème. L’important est que ce rythme soit régulier.
Chez certaines personnes, les circonstances de vie peuvent influencer le rythme du transit intestinal. C’est ainsi que certaines personnes sont constipées quand elles voyagent à l’étranger ou quand elles sortent de leurs habitudes de vie courante.
On peut également éprouver des problèmes de remise en route du transit intestinal à la suite d’une anesthésie, d’un accouchement ou d’un choc émotionnel.
Les facteurs qui favorisent la constipation
Comme dans de nombreux problèmes de santé, on sait que le mode de vie et l’hygiène de vie en général ont une forte influence sur le transit intestinal.
Les facteurs classiquement reconnus comme favorisant la constipation sont :
- Une alimentation pauvre en fibres : peu de fruits et peu de légumes,
- Un manque d’hydratation,
- La sédentarité,
- Les changements d’habitudes de vie : voyages, décalage horaire ou horaires trop variables, stress, etc.
- Le fait de se retenir fréquemment d’aller à la selle.
On sait également que certains traitements chimiques ralentissent le transit. C’est notamment le cas :
- Des opioïdes : des antidouleurs (antalgiques) dérivés de morphine,
- De certains antidépresseurs,
- De certains suppléments de fer (surtout ceux qui sont vendus en pharmacie, dont le Tardyferon entre autres),
- Les antiacides qui contiennent de l’aluminium et/ou du calcium,
- Certains médicaments qui luttent contre l’hypertension ou les allergies.
On sait aussi que certains problèmes médicaux peuvent être à l’origine d’un ralentissement du transit intestinal voire d’une véritable constipation :
- Un ralentissement de la thyroïde (voir de l’hypothyroïdie), sachant que cette glande est celle qui procure la vitesse de fonctionnement à l’ensemble de nos fonctions physiologiques. Il semble tout à fait normal que lorsque cette glande baisse de régime, certaines fonctions ralentissent ou sont moins efficaces.
- Lors de diabète,
- S’il y a un syndrome de l’intestin ou du côlon irritable,
- Dans certaines maladies neurologiques comme Maladie de Parkinson, dans lesquelles il y a une atteinte de la spasticité musculaire,
- Lors de troubles du plancher pelvien chez les femmes, mais également chez les messieurs lors de problèmes de prostate entre autres,
- Au cours d’une grossesse ou après un accouchement.
Il faut également tenir compte des influences psychologiques et émotionnelles qui elles aussi agissent sur la vitesse du transit intestinal. C’est ainsi que :
- Le stress,
- L’anxiété,
- La dépression,
- Les chocs émotionnels importants,
Sont autant de causes qui peuvent générer de la constipation et qui ne sont malheureusement pas toujours mises en lumière.
Comment remédier ou diminuer la constipation de manière naturelle
Pour prévenir ou pour diminuer la constipation, il y a certaines mesures toutes simples qui peuvent s’avérer efficaces.
Commençons par l’alimentation et par l’hygiène de vie en général
- Augmenter progressivement les quantités d’aliments qui fournissent des fibres
C’est principalement dans les légumes verts qu’on les trouve. Ces fibres végétales sont constituées de cellulose et ne sont pas digérées. Ce sont elles qui vont constituer la masse fécale. Considérées comme des laxatifs naturels, elles régulent aussi le cholestérol et emportent avec elles les déchets qui se retrouvent au niveau intestinal. Pour que les matières fécales progressent convenablement dans l’intestin, il faut qu’elles soient suffisantes en quantité, mais il faut également qu’elles soient suffisamment hydratées (pas trop sèches).
Les légumes considérés comme les plus laxatifs sont : aubergine, betteraves, carottes, cerfeuil, choux, potiron, épinards, poireaux, pissenlits, tomates, topinambours et toutes les salades.
Le poireau constitue un excellent balai intestinal en plus d’être un très bon diurétique.
Les graines (principalement lin – chia – psyllium) trempées apportent un mucilage (mucus naturel) qui va lubrifier l’intestin, hydrater les fèces et leur permettre de mieux circuler.
Les figues et les pruneaux sont recommandés en raison de l’huile qu’ils contiennent. Eux aussi lubrifient les intestins et favorisent le glissement des matières fécales. On conseille de faire tremper 3 à 5 fruits dans un verre d’eau pendant la nuit (10 à 12 heures) et de boire l’eau le matin à jeun ou le soir au coucher. On peut ensuite manger ou non les fruits. Cette routine peut être répétée au quotidien sans accoutumance et sans danger contrairement aux laxatifs recommandés en pharmacie. Sur le long terme, ces derniers peuvent irriter la muqueuse intestinale et rendre l’intestin encore plus paresseux.
De nombreuses algues marines contiennent de l’alginate. Vous pouvez ainsi diluer de la poudre d’agar-agar dans un verre d’eau. Laissez gonfler le mélange durant quelques minutes et ensuite avaler cette gelée laxative naturelle.
- Avoir une hydratation importante est essentiel
En effet, les selles trop sèches circulent moins bien dans l’intestin. On conseille bien sûr de boire une eau peu minéralisée. Cependant, pour « débloquer » une situation de manière ponctuelle, on peut consommer une eau riche en magnésium tel que l’Hépar ou la Badoit par exemple. Il faut éviter de boire ce type d’eau de manière quotidienne, car sur le long terme, leur teneur élevée en minéraux risque de fatiguer les reins. Rappelons que l’eau de boisson est destinée à emporter les toxines et les déchets hors du corps et non pas à apporter quelque chose à celui-ci.
- Bouger régulièrement et effectuer une activité physique
Bouger permet de mobiliser l’ensemble des muscles du corps (notamment ceux de la sangle abdominale), mais cela favorise aussi les mouvements du diaphragme (le plus grand muscle du corps qui sépare la cage thoracique de l’abdomen). Quand on bouge et que l’on respire profondément non seulement l’ensemble du corps bénéficie d’une meilleure oxygénation, mais cela entraîne simultanément un mouvement du diaphragme qui s’abaisse pressant ainsi les viscères. Cela contribue à faire « descendre » le bol alimentaire et les matières fécales.
- La position adoptée sur les toilettes
L’information suivante peut faire sourire, elle est cependant très importante. Sur les toilettes actuelles, nous sommes en position assise, ce n’est pas la position de défécation physiologique, car elle occasionne une stagnation et une forte pression des matières fécales au niveau de l’anus. La position idéale physiologique et propice à l’élimination naturelle des selles est la position accroupie avec les cuisses et les genoux relevés contre l’abdomen. Elle permet la détente des muscles pubo-rectaux, le redressement du rectum et l’évacuation facile et complète des selles. Pour trouver facilement cette position dans vos toilettes, nul besoin d’aller vous soulager dans la nature, placez simplement un petit plot devant les toilettes et posez-y les pieds. Vous aurez ainsi les genoux au moins à la hauteur du bassin, voire même un peu plus haut, ce qui diminuera vos efforts pour évacuer les matières fécales.
Prochainement, nous verrons quels sont les plantes, les extraits de bourgeons, les minéraux et les autres compléments alimentaires qui peuvent faciliter le transit intestinal.
Portez-vous bien
Dr Thierry Schmitz

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